Biographie
Barack Obama naît à Honolulu (île d’Hawaï) le 4 août 1961, d’un père kenyan et d’une mère américaine.
Son père, Barack Hussein Obama Sr., est un brillant diplômé d’économie. Fils d’un guérisseur de confession musulmane, il est élevé selon les principes de cette religion à l’égard de laquelle il conservera néanmoins une distance très marquée tout au long de sa vie.
C’est en tant que cuisinier que le futur papa de Barack fait d’abord ses armes. Mais un cursus scolaire chez les missionnaires va changer le cours de sa vie. Reconnaissant en lui un élément prometteur, ces derniers décident de financer ses études, d’abord à Nairobi (Kenya), ensuite à l’université d’Hawaï, où le jeune étudiant va se distinguer par l’excellence de ses résultats.
Sa mère, Shirley Ann Duham, américaine native du Kansas, est issue d’une famille chrétienne. Etudiante en anthropologie, elle fréquente les bancs de cette même université d’Hawaï où elle rencontre, à la toute fin des années cinquante, celui qui va devenir son époux.
Le jeune couple se marie en 1960 mais cette union ne tarde guère à se dissoudre et se conclue par une séparation en 1963.
Le jeune Barack jr, qui n’a pas encore deux ans se retrouve alors privé de ce père qui ne cessera de lui manquer toute sa vie. En effet, B.H. Obama Sr. prend la décision de partir seul pour l’université d’Harvard qu’il quitte ensuite pour regagner le Kenya où il va fonder une nouvelle famille et refaire sa vie.
Devenu, un temps, un homme influent proche des sphères du gouvernement kenyan, il paye ensuite son opposition au président en place par une disgrâce qui marque le début de sa descente aux enfers. Ruiné, déchu, oublié de tous, il sombre dans la misère, puis l’alcoolisme, et termine sa vie en 1982 dans un accident de voiture.
C’est donc avec sa mère, Shirley, que Barack passe sa prime enfance. Remariée à un étudiant indonésien elle est installée à Jakarta où elle met au monde une petite fille prénommée Maya, demi-sœur de Barack.
Mais la toile de fond familiale que constitue cette nouvelle union n’est pas sans accrocs et de ses 5 à 10 ans, le jeune Barack ne bénéficie pas de tous les soins et attentions qu’un enfant de cet âge est légitimement en droit d’espérer de ceux qui en ont la charge. Sa scolarité notamment, est marquée par des difficultés jusqu’à ce que décision soit prise de le confier à ses grands-parents maternels.
Couple modeste installé à Honolulu, ces derniers prennent en charge son éducation et sa scolarisation. De cette période d’adolescence, comme de son enfance, Barack plus tard, n’oubliera rien : ni les privations que lui auront imposées les circonstances, ni l’absence douloureuse de l’amour paternel, ni les vexations que lui auront valu sa couleur de peau dans un monde et une société où il est toujours préférable d’appartenir à la classe dominante, celle des WASP (White Anglo Saxon Protestant).
Souvenirs marquants mais aussi et surtout, expérience fondatrice dont il tirera les pages d’une édifiante biographie (Les Rêves de mon père) qui explique l’homme autant qu’elles éclairent sur ce que sont ses valeurs, sa vision et son parcours. Car il y a incontestablement parcours et non des moindres !
Après le lycée Barack intègre le Collège occidental de Californie puis entre à l’université Columbia à New York dont il ressort diplômé en sciences politiques et relations internationales. Commence alors une carrière d’analyste d’affaires dans une compagnie financière de renom installée à Chicago.
Mais le businessman qui débute tout juste son ascension n’en a pas pour autant oublié ses origines et ses débuts. Parallèlement à ses fonctions, il chausse les baskets d’animateur social et va à la rescousse des défavorisés du quartier de Bronzeville, ghetto ainsi dénommé par ceux qui l’habitent – tous noirs, sans exception.
C’est dans ces rues qu’il devient l’adjoint de Jerry Kellman, travailleur social de confession chrétienne et membre d’un réseau d’églises progressistes. Baptisé du surnom de « Baby Face » par ses acolytes, il œuvre pour la défense des droits des résidents, dénonce l’insalubrité des logements, promeut une politique d’emplois et lutte contre la délinquance des jeunes.
Le spectacle de la misère et de l’injustice a-t-il son rôle dans l’éclosion de sa foi et la naissance de ses sentiments de piété ? Elevé sans religion, il se rapproche cependant de l’Eglise Unie du Christ et, au contact du pasteur Jeremiah Wright, entame sa conversion, pour finalement embrasser le christianisme.
En 1987, il quitte Chicago et entame à la Harvard Law School de Boston un cycle d’études de droit couronné par un diplôme obtenu avec mention. Dans le même temps, il est élu rédacteur en chef de la très prestigieuse Harvard Law Review – fait sans précédent, puisque jamais aucun homme de couleur n’avait, jusqu’alors, pu accéder à cette fonction.
Au terme de ces études, il retourne à Chicago pour y enseigner le droit constitutionnel en même temps qu’il entame une carrière d’avocat au sein d’un cabinet spécialisé dans la défense des droits civiques. C’est là qu’il fait la connaissance de Michelle Robinson, avocate dans ce même cabinet et membre actif du parti démocrate.
Cette rencontre marque, est-il besoin de le dire, un tournant décisif dans le devenir de Barack. Car en la personne de Michelle Robinson, il trouve non seulement une épouse qui va lui donner deux enfants (Malia Ann et Natasha), mais aussi une égérie qui va déterminer son devenir.
C’est en effet à son contact que Barack Obama prend toute la mesure de son destin politique. Mieux : il comprend que le militantisme et l’engagement dans les rangs des Démocrates constituent une occasion unique, une chance inespérée de transformer ses aspirations et ses rêves en une réalité.
Dès lors démarre l’ascension fulgurante de l’homme que le monde entier regarde aujourd’hui comme un véritable phénomène. 1996, sénateur de la 13ème circonscription de l’Etat de l’Illinois – celle-là même qui intègre le South Side de Chicago où il a œuvré en faveur des plus démunis ; Battu ensuite, lors de sa candidature à la chambre des représentants en 2000, il n’en reste pas moins sur le ring et se fait remarquer en tenant la dragée haute aux néo-conservateurs qui défendent becs et ongles l’invasion de l’Irak ; Remarqué à nouveau, en 2004, pour ce discours dont nombre de politologues s’accordent à reconnaître la dimension historique – discours tenu lors de la convention démocrate de Boston et par lequel c’est toute une Amérique qui tend l’oreille, pour se mettre ensuite en ordre de marche derrière celui qu’elle décide de prendre pour leader.
Victoire à nouveau, en novembre 2004, lorsqu’il est élu au Sénat des Etats-Unis avec 70% des suffrages contre 27% pour son adversaire républicain. Là encore, c’est à l’histoire de son pays que barack Obama vient de donner rendez-vous. Le 5 janvier 2005, il prête serment et devient ainsi le seul afro-américain siégeant actuellement au Sénat.
Le 9 février 2007, il déclare officiellement sa candidature à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2008 et au terme d’un marathon haletant remporte les primaires.
Victoire donc pour ce battant qui est parvenu à distancer l’ex First Lady, Hillary Clinton. Soutenu par une majorité de délégués, c’est donc une étape décisive qu’il vient une nouvelle fois de remporter. Et chacun désormais, de retenir son souffle au tout début de cette dernière ligne droite qui peut-être, le mènera à la Maison Blanche…
